L’AUTOMUTILATION

TRIGGER WARNING : Cet article contient des sujets sensibles tels que l’automutilation, le suicide, la dépression, et autres troubles apparentés pouvant entraîner des éléments déclencheurs chez certaines personnes. 


J’ai très longtemps hésité à écrire cet article, qui m’a pourtant été demandé plusieurs fois, du fait de la complexité mais aussi de la sensibilité du sujet. J’écris cet article pour sensibiliser et informer à ce problème très souvent sous-estimé. Je vais faire de mon mieux pour que cet article soit complet, simple d’explication et pas rébarbatif etc..

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L’AUTOMUTILATION :

Tout d’abord commençons cet article avec une définition. Car l’automutilation est à différencier de la mutilation.

L’automutilation c’est : « comportement qui consiste à se faire mal de façon délibérée, répétée, de manière directement physique, sans intention consciente de se suicider et qui ne conduit pas à des blessures pouvant menacer le pronostic vital. »

Alors que la mutilation c’estune perte partielle/totale d’un membre, d’un organe ou la destruction/dégradation partielle d’une ou plusieurs parties du corps. 

Il faut savoir que la forme la plus répandu d’automutilation est la dégradation cutanée (coupures sur certaines parties du corps par exemple) mais c’est en fait beaucoup plus vaste. L’automutilation inclut aussi les brûlures, abrasions, griffures, cognement de certaines parties du corps, réouverture de plaies cutanées etc..

Pourquoi certaines personnes s’automutilent ?

On ne saura jamais pourquoi les gens se mutilent car il n’y a pas d’accord « consentuel » (les personnes ne se sont pas dis « tiens ceux qui souffrent de tels ou tels troubles nous allons nous mutiler ») mais il est dit qu’il existe 3 types de mutilation/automutilation :

  • Lesautomutilations majeures, qui sont des actes graves d’amputation, d’énucléation ou d’émasculation. On les attribue généralement à des personnes schizophrènes ou souffrantes de délires divers.
  • Les automutilations stéréotypiques, qui s’observent souvent dans les syndromes liés à l’autisme, les retards mentaux et plusieurs syndromes neurologiques. Classiquement, la victime se cogne la tête, se mord ou se comprime les yeux.

 

  • Les automutilations superficielles à modérées, qui sont les plus fréquentes et qui se sous-divisent en 2 catégories :

                    Les automutilations compulsives concernent la répétition de lésions comme les écorchures, l’arrachage des peaux, les morsures, la trichotillomanie (s’arracher les cheveux ou les cils), l’entretien de la non-cicatrisation des plaies…

          Les automutilations impulsives concernent surtout les coupures épisodiques ou répétitives par rasoir, morceaux de verre, lames de ciseaux, ainsi que les brûlures.

Le Syndrome d’Automutilations Répétées se définit par la répétition d’automutilations impulsives, marquée par l’incapacité de la personne à résister à l’impulsion de s’automutiler. La personne n’a aucune intention de se suicider quand elle se mutile. C’est généralement ce syndrome là qui touche les jeunes filles de 12-14 ans par exemple, voir plus.

Les individus qui s’automutilent sont perçus comme étant suicidaire alors que pour la majeur partie des cas, c’est inexact. Le suicide n’est pas directement lié à l’automutilation, la relation entre les deux est très complexe car les blessures intentionnelles constituent une menace pour la personne qui se les exécute.

Cependant le risque de suicide chez les individus qui se mutilent existe bel et bien même si il n’est pas directement lié. Environ 40 à 60% des personnes qui se mutilent décèdent.

Quelques chiffres…

D’après certains chiffres et d’après des scientifiques (qui sont à prendre avec précaution car le recensement de personnes faisant cet acte en se dissimulant est difficile) :

  • 17% de la population expérimenterait au moins une fois dans sa vie l’automutilation.

  • Parmi eux, 75 % ont connu plusieurs épisodes.

  • 36 % affirment que personne n’a jamais été au courant de leurs agissements.

  • Seulement 3 % ont consulté un médecin à ce sujet.

  • Dans 60% des cas l’automutilation commence vers 12/14 ans.

 

Existe t’il des facteurs déclencheurs ? 

Oui. Il existe des concordances entre l’automutilation et des troubles enregistrés dans le DSM-V, parmi lesquels :

  • Les troubles bipolaires ;
  • Le syndrome de stress post-traumatique ;
  • L’abus de substances ;
  • Le trouble explosif ;
  • Le suicide : 1 quart à 1 tiers des suicides sont précédés dans l’année d’une forme d’autoagression. Près de 9 % des automutilateurs mourraient moins de 20 ans après les faits, et même 1,8 % au cours de l’année suivante.

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Et les traitements ? Demander de l’aide ? 

Lorsque l’automutilation est associée à la dépression, les antidépresseurs et autres traitements médicamenteux peuvent aider. Sinon il existe d’autres approches qui consistent à occuper l’esprit grâce à des activités ou de remplacer l’automutilation par des méthodes beaucoup plus safe pour la personne ! Quand j’étais plus jeune le fait de se dessiner un papillon sur le bras aidait certaines personnes à lutter (ça s’appelait le Butterfly Project je crois).

Il n’existe pas vraiment de solutions miracles pour arrêter de se mutiler mais vous pouvez essayer de :

  • Dépasser le besoin de se mutiler : en allant quelque part où vous ne pourrez pas le faire (dans un lieu public, boire un coup avec des amis ect, rejoindre votre famille au salon..)
  • Appelez quelqu’un. Si vous êtes seul chez vous sans pouvoir sortir et que vous avez très envie de vous mutiler, appelez quelqu’un à qui vous aimez vous confier
  • Trouvez une distraction. Se distraire est une excellente façon de ne pas avoir envie de s’automutiler. Toutes les techniques de distraction ne fonctionnent pas pour tout le monde, donc vous devrez peut-être en essayer quelques-unes avant de trouver celle qui fonctionne pour vous.
  • Repoussez le moment de la mutilation. Lorsque le besoin de vous mutiler se fait sentir, repoussez ce moment. Commencez par repousser d’un petit moment, par exemple de 10 minutes, puis augmentez chaque fois ce temps d’attente. Chaque moment d’attente est une petite victoire !!
  • Évacuez tous les objets déclencheurs. Si vous voulez prévenir l’arrivée d’un nouvel épisode de mutilation, vous devez évacuer tous les objets que vous utilisez habituellement pour arriver à vos fins. Débarrassez-vous de tous les objets que vous avez déjà utilisés pour vous mutiler. Si vous devez passer du temps à rechercher un objet pour vous faire du mal, votre envie passera peut-être.
  • La relaxation, il existe quelques exercices très simples !

 

Si aucune de ces solutions fonctionnent vous pouvez envisagez de suivre une thérapie de groupe, au sein de laquelle vous vous rendrez compte que vous n’êtes pas le seul à lutter contre ce genre de problème. Vous pouvez aussi consulter votre médecin traitant et demandez-lui qu’il vous conseille un thérapeute ou un psychologue spécialisé dans les problèmes d’automutilation !

Quelques numéros à joindre si besoin.. 

Il existe de nombreuses assistances téléphoniques qui pourront vous aider. Vous pourriez par exemple appeler :

SOS Amitié

S.O.S. Amitié offre, à tous ceux qui choisissent d’appeler, la possibilité de mettre des mots sur leur souffrance et, ainsi, de prendre le recul nécessaire pour retrouver le goût de vivre. Le site donne les numéros d’appel de chaque région et offre aussi un service d’écoute web (anonymat, confidentialité et non directivité).

http://www.sos-amitie.org

SOS Dépression

Cette ligne offre une écoute psychologique ponctuelle et une éventuelle orientation par des professionnels, anonyme et sans jugement, 7j/7 et 24h/24.
08 92 70 12 38 (0.33 cts/min)

http://sosdepression.org

SOS Suicide Phénix

Accueil et écoute des personnes confrontées au suicide, 7j/7 de 16h à 20h.
Numéro national : 0825 120 364 (15ct / min) :
Numéro régional Île-de-France : 01 40 44 46 45 (prix d’un appel local)

http://www.sos-suicide-phenix.org

Suicide écoute

Accueil et écoute des personnes confrontées au suicide, 24h/24, 7j/7
01 45 39 40 00 (prix d’un appel local)

http://www.suicide-ecoute.fr/

Écoute-famille

01 42 63 03 03 (prix d’un appel local) : cette ligne d’écoute créée par l’Unafam est destiné aux familles ayant un proche en souffrance psychique. Des psychologues conseillent et orientent les familles.

Plus spécifiquement pour les enfants et les adolescents

Fil Santé Jeunes

Informations, questions-réponses individualisées, forums, chats dans les domaines de la santé physique, psychologique et sociale des jeunes.

0800 235 236 (appel anonyme et gratuit depuis un poste fixe) : écoute, information et orientation des jeunes dans les domaines de la santé physique, psychologique et sociale. Ouvert 7j/7 de 8h à minuit.

http://www.filsantejeunes.com

Phare Enfants-Parents

0 810 810 987 (prix d’un appel local depuis un poste fixe) : écoute des parents et des enfants en difficulté, prévention du mal-être et de l’autodestruction des jeunes, du lundi au vendredi de 9h30 à 18h.

Site d’information et d’orientation contribuant à combattre le mal-être des jeunes :

http://www.phare.org


 

Voilà j’espère avoir pu expliquer au mieux l’automutilation et vous avoir renseigner au mieux aussi. J’espère que malgré tout cet article vous plaira.

A bientôt pour de nouveaux articles,

PASTELPEACHY

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2 commentaires sur “L’AUTOMUTILATION

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